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Axes thématiques de recherche


Partis, Elections, et Représentation

L’axe thématique « Partis, Elections, et Représentation » s’intéresse de manière privilégiée aux institutions, aux règles du jeu démocratique, et acteurs centraux des démocraties représentatives.

Les institutions constituent un des agendas de recherche de l’axe. Une attention particulière est portée aux régimes politiques (régimes présidentiels et parlementaires), aux structures de l’état (fédéralisme, décentralisation, etc.), et aux institutions centrales de la démocratie représentative que sont les parlements et gouvernements. Cela se traduit dans une expertise en études parlementaires et législatives (fonctionnement du parlement) et dans l’analyse de la formation, du fonctionnement et de la terminaison des gouvernements. L’expertise développée porte également sur les défis de la démocratie représentative, et le développement de mécanismes alternatifs de prise de décision publique notamment via les outils de démocratie directe et de participation citoyenne.

L’analyse des règles du jeu démocratique, de leurs origines et de leurs effets, forme une deuxième dimension de l’axe thématique. Cela inclut plus particulièrement les règles qui entourent le processus électoral, les règles et pratiques régissant le déroulement des campagnes électorales, les processus de compétition politique et idéologique, ou encore les mécanismes de mise à l’agenda d’enjeux politiques. Cette analyse des règles du jeu porte aussi sur la régulation des acteurs centraux de la démocratie représentative que sont les partis politiques (conditions d’établissement, mode de financement, etc.) et leurs règles de fonctionnement interne (statuts).

Enfin, l’axe thématique s’intéresse aux acteurs politiques dans les démocraties représentatives. D’une part, il s’agit de comprendre et d’analyser les comportements des acteurs collectifs (partenaires gouvernementaux, groupes parlementaires, partis politiques). D’autre part, il s’agit de s’intéresser aux attitudes, rôles, et comportements des acteurs individuels : électeurs, affiliés aux partis politiques (sympathisants, membres, militants, cadres), candidats aux élections, représentants élus, membres des exécutifs.

Ces orientations de recherche se déclinent à travers divers projets de recherche ainsi que dans la constitution de nombreuses bases de données liées à ces projets. Elles se déclinent également dans l’organisation d’un cycle de séminaires mobilisant des invités nationaux ou internationaux.

Outre une expertise forte sur la Belgique, cet axe se décline dans une perspective de politique comparée, avec une spécialisation sur les aires géographiques suivantes : Amérique du Nord et Amérique Latine (Brésil et Mexique en particulier), Europe, et Russie-Caucase.

Chercheurs impliqués : ANDRÉ Audrey, BEDOCK Camille, BEHM Anne-Sophie, BOIREAU Michaël, BRACK Nathalie, CLOSE Caroline, DE WAELE Jean-Michel, DELWIT Pascal, FLACCO Fernanda, GRIGNARD Guillaume, KELBEL Camille, LOUAULT Frédéric, NIKOLIC Louise, PAULIS Émilien, PILET Jean-Benoit, SANDRI Giulia, SIERENS Vivien, TOMINI Luca, VAN HAUTE ÉmilieWAVREILLE Marie-CatherineWILLOCQ Simon

   

Intégration européenne: communautés en construction et valeurs en conflit

Cet axe de recherche s’intéresse aux processus de coopération, d’identification et de conflit générés par l’intégration européenne et leur rôle dans la légitimation de l’UE comme entité politique. A travers des projets de recherche sur les valeurs, les politiques publiques, la communication ainsi que les attitudes, discours et stratégies des acteurs politiques nationaux et supranationaux, il s’agit de s’interroger sur des notions clés telles que la souveraineté, la démocratie ou encore la légitimité que l’intégration européenne place sous tension.

Le rôle que les valeurs, idées et normes jouent dans la politique européenne comme enjeux, ressources ou obstacles est analysé dans différents secteurs.

La promotion et la défense de valeurs communes sont des vecteurs de légitimation des politiques tant internes qu’externes de l’UE. Ces valeurs connaissent des interprétations multiples et sont invoquées tant par des acteurs qui estiment que l’UE contribue à perfectionner les démocraties nationales que par ceux qui considèrent qu’elle participe à leur dissolution. Des recherches portent en particulier sur les conflits générés par le non-respect de ces valeurs et, plus spécifiquement, de l’Etat de droit, par les Etats membres. Un autre pan de recherches se concentre sur la religion comme point de cristallisation des interactions entre culture et politique au niveau transnational. Il s’agit alors de comprendre l’influence de la religion dans la vie politique, l’action publique et le recrutement des élites de l’UE. 

La crise de la zone Euro a ramené les questions socio-économiques au centre des débats européens. Une série de recherches s’intéressent à la manière dont la coordination des politiques socio-économiques est légitimée par les acteurs politiques, à travers des discours et valeurs qui entrent parfois en collision : responsabilité, rigueur, solidarité, justice sociale, etc. La gestion de la dette des Etats européens a donné lieu à l’émergence d’un nouvel ordre politique où les rapports de pouvoir entre Etats forts et faibles sont plus saillants. L’étude du fonctionnement concret et des conditions de légitimation des nouvelles formes de gouvernance permet de saisir l’émergence d’un fédéralisme européen post-démocratique.

Dans le même temps, la crise a marqué le début d’une nouvelle phase de l’intégration, caractérisée notamment par une nouvelle vague d’opposition à l’UE et un discours anti-UE de plus en plus banalisé. Des études analysent les attitudes, comportements et stratégies des acteurs eurosceptiques au sein des institutions supranationales. Il s’agit de comprendre les implications de cette opposition croissante à l’UE et plus largement, d’examiner le rôle du conflit dans la légitimation de la démocratie européenne.

En matière d’action extérieure, les recherches menées par les membres de cet axe examinent la fabrication du « pouvoir normatif de l’UE » dans différentes arènes institutionnelles nationales et internationales. Ces travaux s’intéressent en particulier aux processus d’appropriation de ces valeurs par des acteurs politiques et sociaux au-delà des frontières de l’UE ainsi qu’au rôle du fait religieux dans relations externes de l’UE, dans une perspective comparée avec d’autres régions du monde.

Chercheurs impliqués : BEHM Anne-Sophie, BOIREAU Michaël, BRACK Nathalie, CALLIGARO Oriane, CAPPELLINA Bartolomeo, CLEMENT Andrew, COMAN Ramona, CRESPY Amandine, DENUIT FrançoisDERONT Éva, FORET François, HAMM Marylou, KELBEL Camille, MONDO Émilie, SBARAGLIA Fanny, SOBOTOVA Alena, TOMINI LucaVAN HAUTE ÉmilieVANHEUVERZWIJN Pierre, WINTGENS Sophie

 

Sport et politique

L’axe thématique « Sport et politique » s’intéresse essentiellement à l’étude des porosités entre les pratiques, les règles et les institutions sportives et politiques. Deux approches peuvent être distinguées pour étudier les rapports entre sport et politique : a) observer comment le politique entre dans le sport  (la construction du sport comme objet politique) ; b) observer comment le sport entre dans la sphère politique (l’influence du sport dans l’espace politique). Les activités développées dans le cadre de cet axe articulent ces deux dimensions en analysant à la fois les processus de densification politique des activités sportives et les usages du sport dans la compétition politique.

Trois orientations de recherche sont privilégiées : 

  1. Le sport comme vecteur de politisation et d’expressions identitaires (le sport comme moyen d’expression ou de dilution des conflits sociaux) : stratégies de politisation ou de dépolitisation développées par les acteurs sociaux, ou encore pour observer le rôle du sport dans la sédimentation des identités nationales et des représentations collectives, manifestations pacifiques ou violentes à travers le supportérisme des équipes.
  2. Le rapport entre carrières sportives et carrières politiques : engagement politique des sportifs professionnels, mobilisation des figures du sport lors de campagnes électorales, comparaison entre le jeu sportif et le jeu politique (rapports à la performance et dimension compétitive).
  3. La gouvernance du sport : politiques publiques dans le domaine du sport et financement des activités sportives, acteurs de la gouvernance et réformes des institutions sportives, relations entre les différents niveaux de pouvoir (associations locales, nationales, internationales), organisation d’événements sportifs.

Ces orientations de recherche mobilisent les trois acceptions du terme « politique » communément employées en science politique : la communauté politique (polity), le jeu politique (politics), et les politiques publiques (policies). Elles se déclinent à travers divers projets de recherche,  la constitution de bases de données, l’organisation de séminaires et de rencontres mobilisant des invités nationaux ou internationaux.

Outre une expertise forte sur le rapport entre sport et politique en Belgique, cet axe développe une perspective de politique comparée, avec une spécialisation sur les aires géographiques suivantes : Afrique, Amérique Latine, Europe, Moyen-Orient, Russie.

L’axe « Sport et politique » propose enfin des activités conjointes avec d’autres disciplines qui développent des recherches sur le sport (sociologie, anthropologie, économie, histoire, droit, médecine, psychologie, etc.).

Chercheurs impliqués : DE WAELE Jean-Michel, DELWIT Pascal, GLORIOZOVA EkatarinaLOUAULT Frédéric

 

Identités, mémoires, mobilisations

La politique contemporaine a vu la réémergence spectaculaire des enjeux culturels aux niveaux local, national, régional ou global. Identités et mémoires s'imposent comme des ressources ou des matrices de la justification et de l'action politiques. Elles contribuent à structurer les modes de vivre ensemble, les mobilisations, les processus de conflit et de réconciliation.

La fin de la guerre froide avait laissé imaginer la disparition des grandes idéologies et l'avènement d'une politique réaliste basée sur la seule logique des intérêts. Les dernières décennies ont démenti cette hypothèse par la réaffirmation des nationalismes, l'irruption de la question religieuse comme enjeu majeur, la multiplication des conflits d'allégeances et la réactivation des tensions mémorielles remontant dans la longue durée.

L'Union européenne et l'Europe en général ont été particulièrement touchées par ces phénomènes. La redéfinition des frontières après la chute du communisme et les processus d’intégration continentale, de modernisation et de démocratisation ont été des fenêtres d'opportunité pour la politisation de la culture.

Des recherches étudient les effets des appartenances nationales, sociales et religieuses sur les prises de décision, les mobilisations et la légitimation dans l’UE. La variable religieuse est également appréhendée comme facteur d'influence des relations des sociétés européennes entre elles et avec le reste du monde, et comme étalon de mesure de la singularité européenne dans une perspective comparée (avec les Etats-Unis et l’Asie notamment).

Les multiples trajectoires de sortie du communisme et l’éruption de nombreux conflits armés dans l’espace post soviétique offrent un autre laboratoire d’étude privilégié des  mobilisations identitaires et mémorielles. L’irruption de transactions politiques dans certaines sphères auparavant contrôlées par l’Etat éclaire la façon dont les sociétés se recomposent.

La combinaison de la « transition post soviétique » et de conflits armés amplifie les renégociations individuelles quant aux motifs de l’engagement, qu’il soit politique, militaire, religieux ou autre. Un projet de recherche sur les anciens combattants étudie notamment les motivations pour prendre les armes, les modalités de leur réintégration dans la vie civile  et la reconversion des capitaux de différentes natures acquis dans la guerre. Les terrains analysés sont des zones de conflits ouverts ou gelés au Caucase (Géorgie / Abkhazie, Arménie / Karabakh, Tchétchénie) ou des phénomènes diasporiques (en Belgique et France notamment). Le discours et les trajectoires des anciens combattants, des entrepreneurs de mémoire et des responsables politiques sont étudiés grâce à des méthodes qualitatives telles que l'observation participante, des entretiens approfondis, des récits de vie.

Chercheurs impliqués : ARANTES VirginieCALLIGARO Oriane, De Barros MargauxFORET François, GLORIOZOVA Ekatarina, GORON Coraline, LI YingMERLIN Aude, MONDO Émilie, VRYDAGH FannyWINTGENS Sophie, ZAYTSEVA Anna